Les différences de susceptibilité sont la conséquence d'une interaction complexe entre des facteurs héréditaires et non héréditaires.
Quand une personne est exposée à des substances étrangères, ces substances pénètrent dans l'organisme. Un ensemble de facteurs héréditaires, qui peut être différent d'une personne à l'autre, contribue à déterminer dans quelle mesure ces substances étrangères sont absorbées par l'organisme, transformées, détoxiquées et/ou éliminées (métabolisme des xénobiotiques). Ainsi, après une exposition identique, une quantité différente de substance toxique peut être active dans l'organisme de différentes personnes. La capacité de réparer les dommages éventuels causés aux cellules de l'organisme et la vitesse de cette réparation dépendent en partie de l'hérédité et diffèrent également d'une personne à l'autre.
La susceptibilité ne dépend toutefois pas uniquement de différences de prédisposition héréditaires, mais aussi d'un grand nombre de facteurs non héréditaires (acquis), tels que :
Tous ces facteurs peuvent également exercer une influence sur la quantité de substance toxique active dans l'organisme après une exposition donnée, sur le dommage qui en résulte et sur la capacité à réparer ce dommage.
Il existe donc de nombreux facteurs héréditaires (génétiques)
ou non-héréditaires (acquis) qui, ensemble, déterminent
la susceptibilité d'un individu à une maladie professionnelle
suite à une exposition donnée. Cette interaction est présentée
de manière schématique dans un modèle
de susceptibilité. Ce modèle de susceptibilité constitue
un instrument pour situer un test donné dans la complexité des
faits entre l'exposition (sur le lieu de travail et en dehors), la susceptibilité
(testée p. ex. lors de l'examen d'embauchage) et les signes qui indiquent
un effet indésirable (p. ex. observés lors de l'examen
médical périodique). Ce modèle montre également
qu'un test unique n'a qu'une valeur limitée pour la détermination
du risque individuel.
Plus l'ensemble des facteurs de susceptibilité pour une affection déterminée
est complexe, plus il est difficile de répertorier avec précision
tous les éléments et de déterminer exactement la susceptibilité.
En revanche, plus cet ensemble de facteurs de susceptibilité est simple,
mieux on pourra déterminer la susceptibilité individuelle.
Ce serait en tout cas une erreur - vu l'insuffisance des connaissances -
de ramener la susceptibilité au facteur ou aux quelques facteurs connus
et déterminables.
Il est insidieux de comparer la sensibilité
des individus sur la base d'un seul facteur.