Les personnes exposées sur leur lieu de travail à des substances dangereuses peuvent voir leur santé en pâtir. Le préjudice peut être temporaire ou permanent, grave ou moins grave. Plus l'exposition à la substance dangereuse est forte, plus les victimes peuvent être nombreuses et les conséquences, graves.
Cependant, toutes les personnes qui travaillent dans des conditions identiques ne tombent pas malades. Certains travailleurs sont donc plus "susceptibles" que d'autres. La génétique nous aide à expliquer ces différences de susceptibilité. C'est la différence génétique entre les personnes qui est (en partie) à l'origine des réactions différentes à une substance donnée.
Les différences de susceptibilité entre les individus ne sont toutefois pas déterminées uniquement par des différences génétiques. De nombreux facteurs non héréditaires (environnementaux et autres) jouent également un rôle. En d'autres termes, il s'agit d'un processus complexe dans lequel plusieurs facteurs interagissent.
À l'heure actuelle, nous ne sommes pas encore en mesure d'évaluer de manière fiable la susceptibilité individuelle à des maladies professionnelles déterminées à l'aide de tests génétiques. Ne fût-ce que d'un point de vue scientifique, il ne serait donc pas raisonnable d'écarter des candidats à un emploi sur cette base.
Pour réduire le risque d'une maladie professionnelle, il faut donner la priorité à d'autres moyens: la prévention sur le lieu de travail. Ainsi, une exposition plus faible réduira le risque de préjudice pour la santé.
En principe, la médecine du travail ne s'occupe pas de sélection. Sa tâche légale est de contribuer à la protection sociale de tout travailleur ou postulant. Ceci implique qu'elle doit s'efforcer de protéger tant l'emploi que la santé de tout individu ayant les capacités d'exécuter un travail donné.
Comme la flexibilité ne cesse de gagner du terrain sur le marché du travail, la tâche de protection de la médecine du travail est de plus en plus difficile à remplir, ne serait-ce que pour des raisons pratiques.
Il faut également prévoir l'arrivée sur le marché de tests génétiques dont la valeur prédictive et l'intérêt pour la prévention des maladies professionnelles seront surfaits. Des centres de services sans rapport avec la médecine du travail proposeront aux employeurs et assureurs de réaliser ces tests génétiques.
Des mesures pour éviter l'abus ou l'usage inapproprié de tests génétiques semblent incontournables. Il faut faire en sorte que la médecine du travail puisse continuer à assurer comme il se doit sa mission de protection sociale.
Ce site web a pour objectif de fournir des informations afin d'associer un maximum de personnes intéressées au débat social sur l'acceptabilité des tests génétiques dans le milieu du travail.
Les auteurs optent pour une approche dans laquelle les possibilités
modernes d'investigation ne peuvent être utilisées qu'à
des fins de protection sociale et dans laquelle il faut éviter
l'exclusion d'une personne de tout emploi.